Pregunta 1
Exercice 2 · Laissons nos enfants s'ennuyer
Tribune de Marc Delorme, psychologue.
Mercredi après-midi, dans une grande ville française. Léa, neuf ans, enchaîne le conservatoire, l'anglais et la natation ; le samedi, c'est le théâtre. Ses parents, comme beaucoup d'autres, ont le sentiment de bien faire : chaque activité est une chance, une ouverture, un atout pour l'avenir. Et lorsque, par hasard, un créneau reste libre, une tablette se charge de le remplir. Résultat : Léa ne s'ennuie jamais. C'est précisément ce qui m'inquiète.
Car l'ennui a mauvaise réputation, et c'est injuste. On le confond volontiers avec la paresse ou avec la tristesse, alors qu'il n'est ni l'une ni l'autre. L'ennui, c'est ce moment inconfortable où rien ne vient de l'extérieur et où l'enfant est obligé de se tourner vers lui-même. C'est souvent à cet instant précis qu'il invente un jeu, construit une cabane avec des coussins ou se met à dessiner sans que personne ne le lui ait demandé. Supprimer l'ennui, c'est supprimer l'étape qui précède l'imagination.
Je ne prétends pas que les activités organisées soient inutiles. Apprendre un instrument ou pratiquer un sport apporte des compétences et des amitiés précieuses. Le problème n'est pas l'activité, c'est l'accumulation. Un emploi du temps saturé transmet à l'enfant un message implicite : le temps libre serait un temps perdu, qu'il faudrait rentabiliser. Et il le prive d'une expérience essentielle, celle de décider seul de ce qu'il va faire.
Les écrans posent un problème d'une autre nature. Ils ne sont pas néfastes en eux-mêmes, mais ils ont une particularité : ils comblent instantanément le moindre vide. Dès que l'enfant ressent un début d'ennui, la solution est à portée de main, sans effort. Il n'apprend donc jamais à supporter ce léger malaise, ni à le dépasser. Or cette capacité à tolérer l'attente et le manque de stimulation lui sera indispensable plus tard, pour se concentrer en classe, lire un livre ou mener un projet de longue haleine.
On m'objectera que tous les parents n'ont pas le choix : quand on travaille tard, les activités du mercredi sont aussi un mode de garde. C'est vrai, et je me garderai bien de culpabiliser les familles. Mais même dans un emploi du temps contraint, il est possible de préserver quelques plages vides : une heure sans programme le dimanche, un trajet sans écran, une soirée où l'on accepte d'entendre « je m'ennuie » sans se précipiter pour proposer une solution.
Cette phrase, que tant de parents redoutent, n'est pas un reproche. C'est souvent le début de quelque chose. À condition de ne pas y répondre trop vite.
Selon l'auteur, on se trompe sur l'ennui quand on…
- A. croit qu'il disparaît naturellement avec l'âge.
- B. le confond avec un manque d'effort ou avec un mal-être.
- C. pense qu'il touche davantage les enfants que les adultes.
Ver respuesta y explicación
Respuesta correcta: B. le confond avec un manque d'effort ou avec un mal-être.
Explicación
« On le confond volontiers avec la paresse ou avec la tristesse, alors qu'il n'est ni l'une ni l'autre. »
C et A ne sont pas évoqués dans le texte.